Le milieu guinéen, dont la rémunération italienne pourrait tripler en Ligue 1, incarne le nouveau profil du mercato nantais : des talents sous-évalués prêts à rebondir.
#1 Un salaire surprenant pour un joueur de Serie A
Avec 360 000 euros bruts annuels à l’US Lecce, soit environ 30 000 euros mensuels, Mohamed Kaba se situe dans la fourchette basse des salaires de Serie A. Pour mettre ces chiffres en perspective, le milieu de terrain franco-guinéen gagne quotidiennement ce qu’un supporter italien dépense pour un week-end de vacances : 986 euros.
Cette rémunération modeste s’explique par plusieurs facteurs stratégiques. D’abord, Lecce, club de taille moyenne du championnat italien, pratique une politique salariale prudente pour maintenir son équilibre financier. Ensuite, Kaba n’avait que 22 ans lors de sa signature en août 2023, arrivant de Valenciennes (Ligue 2) pour seulement 3 millions d’euros. À ce moment-là, il représentait un pari sur l’avenir plutôt qu’une valeur confirmée, ce qui justifiait un salaire d’adaptation au football italien.
#2 L’opportunité nantaise : bien plus qu’une simple échappatoire
Le prêt avec option d’achat de 4 millions d’euros proposé par le FC Nantes cache une réalité économique cruciale pour le joueur. En Ligue 1, même pour un club en difficulté comme Nantes (16e), les grilles salariales sont généralement supérieures à celles d’un promu italien. Mohamed Kaba pourrait raisonnablement espérer doubler, voire tripler sa rémunération actuelle en rejoignant la cité des Ducs.
Ce transfert illustre également la nouvelle philosophie du mercato nantais : recruter des joueurs sous-exploités dans des championnats majeurs, frustrés par leur temps de jeu limité, et leur offrir une vitrine en Ligue 1. Pour Kaba, bloqué dans la rotation à Lecce malgré un contrat courant jusqu’en 2027 (+1 an en option), Nantes représente une opportunité de relancer une carrière qui stagnait en Italie après seulement 18 mois.
#3 Le paradoxe du football moderne : gagner moins pour valoir plus
Le cas Kaba soulève une question fascinante du football contemporain : comment un joueur peut-il accepter un départ en prêt alors qu’il dispose d’un contrat sécurisé de quatre ans et demi en Serie A ? La réponse tient en un mot : visibilité.
En restant sur le banc à Lecce avec ses 6 923 euros hebdomadaires, le Guinéen risquait de voir sa valeur marchande s’éroder progressivement. En revanche, en s’imposant à Nantes dans un championnat regardé par toute l’Europe, il pourrait multiplier par trois ou quatre sa cote d’ici juin 2025, transformant l’option d’achat de 4 millions en simple formalité.
Cette stratégie s’inscrit dans un phénomène plus large : les joueurs de 24-26 ans privilégient désormais le temps de jeu et l’exposition médiatique à la sécurité financière immédiate. Kaba rejoint ainsi la cohorte de ces footballeurs qui considèrent un salaire de 30 000 euros mensuels comme un investissement temporaire dans leur propre valorisation future.
#4 Une grille salariale révélatrice des ambitions de Lecce
Que nous dit la rémunération de Kaba sur la structure économique de l’US Lecce ? Le club des Pouilles, promu en Serie A en 2022, applique une politique de masse salariale contrôlée, refusant de surpayer ses recrues même prometteuses. Cette approche, si elle garantit une stabilité financière, crée inévitablement des frustrations chez les joueurs qui se sentent sous-évalués.
Pour un milieu de terrain formé en France, courtisé jadis par Bruges et Lorient, accepter 360 000 euros annuels représentait probablement un compromis : découvrir la Serie A contre une rémunération en-deçà de ses attentes. Après 18 mois d’apprentissage, le prêt à Nantes apparaît comme la sortie logique d’un mariage de raison qui n’a jamais vraiment fonctionné.
Verdict : Mohamed Kaba incarne parfaitement la nouvelle génération de footballeurs qui pensent leur carrière comme un parcours d’investissement personnel. Son salaire modeste à Lecce n’était qu’une étape ; Nantes pourrait être le tremplin vers une consécration bien plus lucrative dans les années à venir.
