L’été 2026 s’annonce déterminant pour l’Olympique de Marseille. Malgré une qualification européenne et une saison globalement satisfaisante, le club phocéen reste confronté à une nécessité bien connue : équilibrer ses comptes. Dans ce contexte, aucun joueur n’apparaît véritablement intransférable, pas même Amine Gouiri.
Pourtant, l’international algérien conserve une solide cote auprès de la direction sportive. Arrivé en provenance du Stade Rennais le 31 janvier 2025 contre une indemnité de 19 millions d’euros, l’attaquant de 26 ans a répondu aux attentes avec 8 buts inscrits en 22 rencontres de Ligue 1. Son profil polyvalent, capable d’évoluer en pointe ou sur le front de l’attaque, continue de séduire les décideurs marseillais.
Mais dans le football moderne, les considérations sportives sont souvent indissociables des réalités comptables.
Une valeur comptable désormais inférieure à 13 millions d’euros
Lorsqu’un club recrute un joueur, l’indemnité de transfert n’est pas enregistrée immédiatement comme une dépense totale. Elle est amortie sur la durée du contrat.
Dans le cas de Gouiri, les 19 millions d’euros investis par l’OM sont répartis sur les 53 mois de son engagement, qui court jusqu’au 30 juin 2029. L’amortissement mensuel s’élève ainsi à environ 358 500 euros.
Après 17 mois passés sous les couleurs marseillaises, soit jusqu’au 30 juin 2026, le club a amorti près de 6,1 millions d’euros de son investissement initial. La valeur nette comptable du joueur est donc désormais estimée à environ 12,9 millions d’euros.
Autrement dit, c’est le seuil financier de référence pour comprendre les enjeux d’un éventuel transfert cet été.
Pourquoi Gouiri pourrait devenir une opportunité financière
Cette valeur comptable ouvre plusieurs scénarios favorables à l’OM. Si un club propose 15 millions d’euros, Marseille enregistrerait déjà une plus-value d’environ 2,1 millions d’euros. Une offre à 20 millions d’euros générerait près de 7,1 millions d’euros de bénéfice comptable. Et au-delà de 25 millions d’euros, l’opération deviendrait particulièrement intéressante pour les finances olympiennes.
Dans un marché où les attaquants expérimentés, internationaux et encore relativement jeunes restent recherchés, Gouiri possède plusieurs arguments susceptibles de faire grimper sa valeur marchande au-dessus de sa valeur comptable.
Le décalage entre ces deux notions est essentiel : un joueur peut valoir davantage sur le marché que ce qu’il représente dans les comptes du club.
Une cote sportive qui résiste aux fluctuations du marché
Au-delà des chiffres, Gouiri conserve des atouts susceptibles d’attirer plusieurs formations européennes.
À 26 ans, il se situe dans la période la plus mature de sa carrière. Son expérience en Ligue 1, son statut d’international algérien et sa capacité à occuper plusieurs postes offensifs renforcent son attractivité. Dans un marché où les attaquants polyvalents sont de plus en plus recherchés, son profil reste rare.
De plus, son adaptation rapide à Marseille a rassuré les observateurs. Ses statistiques ne racontent pas toute son influence dans le jeu : participation à la construction, mobilité entre les lignes et qualité technique font partie des éléments appréciés par le staff olympien.
Cette dimension sportive pourrait permettre à l’OM de négocier bien au-delà des 12,9 millions d’euros figurant dans ses comptes.
Le véritable dilemme marseillais
La question n’est donc pas seulement de savoir combien vaut Gouiri comptablement, mais combien l’OM est prêt à accepter pour se séparer d’un joueur encore important dans son projet sportif.
Vendre l’attaquant algérien permettrait d’améliorer immédiatement le résultat financier du club. En revanche, remplacer un joueur confirmé nécessiterait probablement un nouvel investissement, avec les risques sportifs que cela comporte.
C’est tout le paradoxe du mercato marseillais : plus un joueur est performant, plus il devient une source potentielle de revenus. Avec une valeur nette comptable désormais proche de 12,9 millions d’euros, Amine Gouiri représente aujourd’hui l’un des actifs les plus intéressants de l’effectif olympien. Si une offre importante arrive sur le bureau des dirigeants, l’équation financière pourrait rapidement prendre le dessus sur les considérations sportives.
