Un vestiaire à quitter, une valise déjà à moitié faite : Cédric Bakambu tourne une page européenne longue de plus de quinze ans. À 35 ans, l’ancien avant-centre du Betis Séville n’a rien perdu de son appétit de challenges, et c’est loin de ses terres habituelles qu’un nouveau projet semble se dessiner — du côté de Porto Alegre, sur les rives brésiliennes du Guaíba.
Un dossier qui n’a plus rien d’une rumeur
Ce qui n’était encore, il y a quelques semaines, qu’une piste évoquée par la presse locale prend désormais une tournure plus concrète. D’après le quotidien espagnol El Desmarque, qui relaie des informations de Globo Esporte, les discussions entre le clan Bakambu et l’Internacional Porto Alegre seraient entrées dans leur dernière ligne droite. Le média brésilien avance même un chiffre : un salaire annuel avoisinant 1,2 million d’euros — une estimation qui reste à confirmer officiellement et qu’il convient donc de manier avec prudence.
Le club gaúcho, orphelin d’une saison 2025 achevée à une décevante 16e place, cherche à muscler son secteur offensif avant que le marché ne se referme, dans un peu plus de trois semaines. Un profil d’attaquant chevronné, capable d’apporter du sang-froid dans les moments chauds du Brasileirão, coche visiblement toutes les cases de son cahier des charges.
Signe que le dossier bouge dans les deux sens : du côté du Betis, le directeur sportif Fabinho a récemment évoqué la nécessité d’être « créatif » pour continuer à faire progresser l’équipe, sans jamais prononcer le nom de Bakambu — mais l’allusion n’a échappé à personne. Trois semaines avant la clôture du mercato ibérique, chaque non-dit pèse lourd.
Betis Séville : un bilan à double lecture
Reste que ce futur brésilien s’écrirait après un passage andalou en demi-teinte. En trois saisons, Bakambu aura disputé 80 matches toutes compétitions confondues pour 15 buts et 7 passes décisives — une production honnête, mais rarement décisive au point de s’imposer comme titulaire indiscutable. Un profil de joueur d’appoint de luxe, plus que de patron de l’attaque, ce qui pose une question simple : à 35 ans, un rôle de complément suffira-t-il à convaincre un club brésilien de miser sur lui à plein temps ?
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Matches joués |
80 |
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Buts inscrits |
15 |
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Passes décisives |
7 |
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Durée du contrat |
2023 – 2026 |
Un troisième continent, un pari à l’issue incertaine
Sochaux, Bursaspor, Villarreal, Beijing Guoan, l’Olympique de Marseille, l’Olympiakos, Galatasaray, le Betis : la carrière de Bakambu ressemble déjà à un roman-fleuve. Un passage au Brésil ouvrirait un troisième continent inédit, après l’Europe et l’Asie — une trajectoire rare pour un joueur formé en Ligue 2 française. Mais l’histoire du football regorge aussi d’exemples où l’attrait de l’exotisme n’a pas suffi à relancer une fin de carrière : le dépaysement séduit sur le papier, il faut ensuite convertir l’essai sur le terrain, dans un championnat à l’intensité et au calendrier très différents de ceux connus jusqu’ici.
Bolasie, boussole ou avertissement ?
Sur place, Bakambu retrouverait un visage familier : son compatriote Yannick Bolasie, aujourd’hui à Chapecoense, tout juste remonté en Série A. Un repère précieux pour l’adaptation — mais aussi, si l’on regarde les chiffres de plus près, un signal à ne pas ignorer. Le temps de jeu de Bolasie depuis son arrivée reste modeste, et le Brésil n’a pas toujours été tendre avec les vétérans européens venus y chercher un dernier contrat. La présence d’un compatriote rassure sur le plan humain ; elle ne garantit rien sur le plan sportif.
Un concurrent inattendu dans le vestiaire visé
Autre élément à surveiller : l’Internacional ne mise pas uniquement sur Bakambu pour se renforcer offensivement. Le club discuterait également avec le Colombien Rafael Borré, sur le départ du Werder Brême. Si les deux dossiers aboutissent, la concurrence pour une place de titulaire s’annoncerait rude, entre un profil plus jeune et un vétéran cherchant à retrouver du rythme. De quoi relativiser l’idée d’un simple rôle de sauveur offensif : Bakambu devrait, comme souvent ces dernières saisons, batailler pour son temps de jeu plutôt que le recevoir en cadeau.
Le vrai enjeu : la sélection et l’Histoire
Car au-delà du choix de club, c’est bien avec les Léopards que se joue l’essentiel. Le Mondial 2026 a laissé un goût amer : titulaire à chaque match, Bakambu n’a jamais trouvé la faille, une disette qui a nourri les critiques sur son apport offensif au sommet de la hiérarchie continentale.
Pourtant, l’histoire entre l’attaquant et le maillot national est loin d’être terminée. Avec 21 buts en sélection, il n’est plus qu’à une unité du record détenu par Dieumerci Mbokani (22 réalisations) — un total qu’il n’a plus fait bouger depuis son but face au Sénégal, lors de la CAN 2025. Rejoindre un championnat où il jouerait davantage, loin de la rotation stricte imposée en Liga, pourrait justement lui offrir le rythme de compétition nécessaire pour se présenter en pleine forme lors de ses prochaines convocations — et enfin faire tomber ce record qui lui échappe depuis plusieurs mois.
Alors, quelle direction pour Bakambu ?
Un défi exotique et rémunérateur au Brésil, avec le risque de découvrir un championnat encore inconnu à 35 ans passés. Ou une option plus prudente, plus proche de ses repères européens ou africains, pour sécuriser du temps de jeu et soigner sa quête de record avec les Léopards. Entre l’appel du large et la prudence du connu, Cédric Bakambu se trouve à un carrefour qui dépasse le simple choix d’un maillot : c’est peut-être le dernier grand arbitrage de sa carrière qu’il s’apprête à trancher.
